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Bassines, outardes, grenades
Les Deux-Sèvres, France, in progress


Dark, polygonal masses. They are holes in the earth seen from above. Deep excavations built to store water pumped from the aquifers in winter and released into the fields in summer. Around them, everything seems surveyed and mapped, and life itself constrained by roads and fences. From afar, the landscape has hardly changed in years. As if the location of the reservoirs had already been planned. As if the ground had already been prepared. Tractor engine. The earth is being turned over. Camera movement. The crater is under watch. Miles of fencing and raised hedges obstruct the way and block the horizon. And the embankments are high. The reservoir can only be seen from above. In the immediate surroundings, there are birds that no longer come to land and patches in the fields where the rapeseed no longer grows. Yet still the sun, and always the shadows of the trees.

Leaning down toward the ground, among the tall grasses, one finds shattered pieces of plastic. Red, black and grey debris. What remains of the grenades that were thrown. In the air, no cries can be heard anymore, and the eyes no longer sting. Three years have passed, and a large cairn has risen, in memory of the mutilated bodies. Then, last December, its stones were destroyed and covered with a heap of tyres and manure, but elsewhere, other cairns, smaller ones, have sprung up. Built from the same broken stones, on a pavement, at a street corner, in front of the gendarmerie, at the source of a river, or at the bend of a path.


· Exhibition at Le 109, L’image Satellite Festival, Nice, 2026

· Exhibition at Villa Pérochon, Niort, 2026

· Residency at the Rencontres de la jeune photographie internationale, Villa Pérochon – CACP, 2026



Bassines, outardes, grenades
Les Deux-Sèvres, France, en cours


Masses sombres et polygonales. Ce sont des trous dans la terre vus du ciel. De profondes excavations destinées à stocker l’eau puisée dans les nappes en hiver et déversée dans les champs en été. Autour d’elles, tout apparaît cadastré, le vivant limité par les routes et les clôtures. De loin, le paysage n’a pas tant bougé depuis des années. Comme si l’emplacement des bassines était déjà planifié. Comme si le terrain était déjà préparé. Moteur de tracteur. On retourne la terre. Mouvement de caméra. On surveille le cratère. Des kilomètres de grillages et de haies dressés entravent le passage et bouchent l’horizon. Et les digues sont hautes. On ne peut voir la bassine que d’en haut. Dans les environs immédiats, il y a des oiseaux qui ne viennent plus se poser et des endroits dans les champs où le colza ne pousse pas. Mais encore le soleil et toujours l’ombre des arbres.

En se penchant vers le sol, parmi les herbes hautes, on trouve des morceaux de plastique éclatés. Ce sont des débris rouges et noirs et gris. Ce qu’il reste des grenades balancées. Dans l’air, on n’entend plus aucun cri et les yeux ne piquent plus. Trois années sont passées et un grand cairn a vu le jour, en mémoire des corps mutilés. Puis en décembre dernier, ses pierres ont été détruites et recouvertes par un tas de pneus et de fumier mais ailleurs, d’autres cairns, plus petits, ont poussé. Construits à partir des mêmes pierres brisées, sur un trottoir, au coin d’une rue, devant la gendarmerie, à la source d’un fleuve ou au détour d’un sentier.


· Exposition au  109, Festival L’image Satellite, Nice, 2026

· Exposition à la Villa Pérochon, Niort, 2026

· Résidence des Rencontres de la jeune photographie internationale, La Villa Pérochon - CACP, 2026


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