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Ano Meria

J'ai laissé tomber les bras dans la colère contre les murs de ma chair à force de ne plus savoir trouver dans la nuit si noire de mon corps suffisamment d’armées et la force imbécile de te plaire encore. Ne m'accuse pas de me décharger d'un poids trop lourd sur la route car je suis bien incapable de me passer de mes doutes. Alors que tu m’habites encore comme une maison de sang, ton ombre-là affole mes mains et retourne mes ongles mais je poursuis mon chemin de sape pour retrouver ton passage et ta bouche, confuse forêt de chair où se terre la parole. Et s’il fallait que tu saches que je ne me résoudrai pas à ta mort, j’irais à Ano Meria au mois d’août avec toi, on essaiera des gants de divas, aubergine ou tonka tout te va.

Ano Meria, ma chambre bleue d’adolescent, la rumeur de Vathi, les moulures et les algues étranges, les nuits à danser sans se voir, la villa des rires et des pleurs et les collines désertes… J’ai suivi le vent et le mouvement de tes cheveux. Et je n’ai pas oublié comment ça fait dans le corps de crier. J’ai voulu éprouver ton absence, aller au bout de notre voyage, au commencement de mon chemin de sape. Que tu habites encore ma solitude.


Exposition à l’Atelier, Argenteuil, 2021